Prévention des risques

La méthanisation est une filière mature et les risques et nuisances sont aujourd’hui bien répertoriés. Nous sommes donc en capacité de prévenir ces risques dès la phase de montage du projet, puis dans la phase d’exploitation.

Nous recensons dans cette page les risques et nuisances et expliquons la façon dont nous comptons les prévenir. Si nécessaire, cette prévention peut être améliorée par le dialogue. Nous sommes à votre écoute.

 


 

Explosion : risque très faible (inférieur au risque présent sur une station essence), le risque concerne uniquement les opérateurs sur le site et en aucun cas les riverains et personnes hors du périmètre de l’installation.

Prévention :

  • Application des protocoles de sécurité par l’exploitant, respect des normes de construction.

 


 

Odeurs : Le digestat est désodorisé (nous invitons le public à vérifier le caractère inodore du digestat sur les unités en fonctionnement). Les odeurs susceptible de se diffuser sont liées au stockage d’effluents d’élevage et le cas échéant, aux biodéchets avant méthanisation.

Prévention :

  • Rotation rapide des stocks d’effluents pour éviter leur accumulation. A noter que le fumier perd chaque jour 1% de son pouvoir méthanogène ; l’exploitant n’a donc aucun intérêt à le laisser s’accumuler avant de l’incorporer.
  • Si des biodéchets sont amenés à faire partie des intrants, alors l’opération se fera dans un bâtiment sous dépression d’air, équipé d’un dispositif de lavage de l’air. L’incorporation de biodéchets n’est pas encore décidé.
  • Tous les 4 ans environ, un curage des cuves doit être réalisé, ce qui nécessite l’ouverture de celles-ci, des odeurs peuvent se dégager pendant quelques heures et incommoder le voisinage en fonction de la direction du vent. Nous informerons le voisinage lorsque que cette opération devra être planifiée pour prévenir et limiter le désagrément.

 


 

Pollution de l’air : en fonctionnement normal, le process ne dégage dans l’air que du CO2, comme ce qui se produit dans le milieu naturel. Ce CO2 issu du process pourrait être valorisé.

Prévention :

  • En cas de d’incident ou lors de curages (tous les 4 ans), un dégagement ponctuel dans l’air peut avoir lieu de : CH4, H2S, NH3. une odeur notamment d’ammoniaque peut se diffuser, mais les concentrations extrêmement faibles ne présentent aucun risque pour le voisinage.

 


 

Pollution des terres : Le digestat est composé de ce qui est introduit dans le méthaniseur. L’exploitant doit décider d’exclure certains intrants pour éviter le rejet de polluants dans l’environnement.

Prévention :

  • L’exploitant du site doit contrôler l’absence de plastiques et de métaux lourds dans les intrants. Les tontes de bords de routes par exemple sont très méthanogènes mais peuvent contenir des déchets plastiques. Des plastiques peuvent aussi être présents dans les biodéchets lorsque ceux-ci sont mal triés par les commerces, cantines, ménages.
  • Le projet ne prévoit pas de traiter des boues de station d’épuration car celles-ci pourraient contenir des métaux lourds, des traces de produits chimiques et des traces d’antibiotiques.

 


 

Risque biologique : Certains fumiers sont susceptibles de contenir des pathogènes animaux ou humains (virus, bactéries, parasites). La plupart des pathogènes ne résistent pas au process de méthanisation.

Prévention :

  • Les biodéchets (issus de la restauration, des ménages ou de l’industrie agroalimentaires) doivent être hygiénisés avant leur incorporation dans le process. Cette hygiénisation consiste à chauffer ces intrants à 70°C pendant une heure. L’hygiénisation permet par exemple d’éliminer les salmonelles.
  • Certains pathogènes bovins sont dits ubiquitaires tels que la paratuberculose et le botulisme, ils sont naturellement présents dans la nature. La méthanisation ne favorise en rien la transmission de ces pathogènes car c’est l’ingestion par un animal des excréments infecté d’un autre qui transmet ces maladies. Cette ingestion est exceptionnelle, mais peut se produire à tout moment notamment lorsque les bêtes sont à l’étable.
    La méthanisation élimine les toxines, mais pas les spores. Un comité scientifique préconise (Pages 17 et 24) de ne pas faire pâturer les animaux pendant un délai de 3 semaines après épandage. Notons que cette précaution n’est pas valable que pour le digestat de méthanisation, elle l’est aussi pour les lisiers et fumiers bruts non méthanisés.
  • Un rapport sur l’état des connaissance sur le devenir des germes pathogènes au cours de la méthanisation a été publié par le bureau d’études Solagro, avec la collaboration de : l’Agence Régionale de Méthanisation (ARM), l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT), l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT).

 


 

Pollution de l’eau : Le digestat liquide (inodore) est épandu dans le respect d’un plan d’épandage qui fait l’objet d’une déclaration en préfecture. L’objectif est d’éviter une concentration et un ruissellement. C’est bien la concentration qui peut poser un problème, car les effluents des animaux en pâture retournent directement au sol sans traitement sans que cela soit considéré comme une pollution.

Prévention :

  • La maintenance régulière de l’installation doit permettre d’éviter le blocage d’une vanne ou le défaut d’information d’une sonde.
  • L’application d’un protocole rigoureux par l’équipe d’exploitation doit prévenir et traiter d’éventuels dysfonctionnements avant qu’un incident ne se produise.
  • En cas de fuite accidentelle, un bassin de rétention est dimensionné de façon à contenir l’intégralité du volume de la plus grosse cuve. Ainsi aucune fuite de digestat n’est susceptible de s’écouler jusque dans un cours d’eau voisin.

 


 

Bruit : Le process en lui même ne génère pas de bruit susceptible de porter au delà du périmètre de l’exploitation. Un chargeur télescopique alimente chaque jour le méthaniseur en intrants. Ce chargement prend une heure par jour et génère le bruit d’un tracteur agricole. Les mouvements des véhicules assurant le transport des matières entrantes et sortantes constituent la principale source de bruit. Le nombre de rotations atteindra une dizaine de rotations de camions / tracteurs par jour.

Prévention :

  • Les rotations se feront principalement en semaine plutôt que le week-end. L’investissement dans un camion à moteur biogaz, plus silencieux qu’un moteur diesel sera privilégié.