Ethique et débats

La méthanisation suscite des débats. Est-elle de façon certaine un atout pour l’environnement ou bien peut-elle soulever des questions ? Nous abordons dans une autre page de ce site la façon dont nous envisageons prévenir les risques de nuisances. Nous proposons de répondre aux interrogations du public à ce sujet. Mais un autre débat se fait jour : la méthanisation est-elle éthique ?

Pour y voir plus clair, l’association France Nature Environnement publie le méthascope. France Nature Environnement est résolument favorable à la méthanisation qui est une des solutions pour la transition énergétique. Mais FNE souhaite que les terres agricoles ne soient pas massivement affectées à produire de l’énergie plutôt que de l’alimentation.

Les termes du débat.

Les effluents d’élevage sont nécessaires à la méthanisation agricole. Ils assurent la stabilité biologique de la digestion des matières organiques. Mais le fumier de bovins produit relativement peu de méthane par rapport à d’autres matières biodégradables. Il peut être tentant d’introduire dans le méthaniseur de l’ensilage d’herbe ou de céréales, qui ont un potentiel méthanogène bien plus important.

Tableau indiquant les déchets pouvant être utilisés dans un processus de méthanisation

Deux points de vue s’opposent à ce sujet, que nous résumons ici :

1. Il n’est pas éthique d’utiliser des surfaces agricoles pour produire de l’énergie quand tous les habitants de la planète n’ont pas de quoi se nourrir à leur faim. Par ailleurs, lors d’épisodes de sécheresse, les élevages cantaliens sont contraints d’importer du fourrage d’autres régions pour pouvoir nourrir les animaux. Il serait paradoxal d’introduire dans un méthaniseur des végétaux récoltés localement alors que les élevages voisins font venir du fourrage depuis les autres départements.

2. L’agriculture a toujours produit d’autres choses que de l’alimentation : l’avoine pour les chevaux était déjà une forme de culture énergétique. Ce n’est pas un manque de nourriture qui cause la faim dans le monde, mais la mauvaise gouvernance de certains pays du sud (l’agriculture vivrière des pays du sud est mise à mal par la concurrence des surproductions subventionnées des pays du nord).
L’élevage bovin est de moins en moins rentable car la consommation de viande baisse tendanciellement d’année en année. Dans ce contexte, la méthanisation est un moyen pour l’agriculture locale d’amorcer une diversification qui permettra à terme de contribuer à pérenniser certaines exploitations.

Nous ne souhaitons pas prendre parti dans ce débat : chaque agriculteur participant au projet sera libre de choisir de fournir à l’unité de méthanisation une quantité de végétaux, ou bien de ne fournir que des effluents d’élevage.

L’Allemagne a massivement développé les cultures énergétiques. La France n’a pas souhaité reproduire cette politique et a choisi de soutenir les unités de méthanisation agricoles à la condition que les cultures principales ne représentent moins de 15% de leurs intrants (en tonnes de matière brute). Nous sommes tenus de respecter cette règle pour assurer la meilleure rentabilité de notre projet.